Révision des lois bioéthiques : beaucoup de bruit pour rien…

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Communiqué de presse


Révision des lois bioéthiques : beaucoup de bruit pour rien…


Comme pour la première révision (1999-2004), la révision actuelle des lois bioéthiques, prévue pour 2009 a d’ores et déjà pris beaucoup de retard. Comme précédemment, rien ou presque ne devrait changer. En matière d’Assistance à la Procréation (AMP), le projet reste tel qu’en 1994…il y a plus de 15 ans. « Un père, une mère, pas un de plus, pas un de moins… » alors que l’organisation de la famille, le regard de la société sur l’AMP ont profondément changé. Mais la souffrance liée à l’infertilité est la même !

L’association MAIA, association de soutien aux couples infertiles, poursuit son action pour une meilleure prise en charge de l’infertilité.


1. Ethique et égalité d’accès aux soins en matière de don d’ovocytes

Le don d’ovocyte, légal depuis 1994, s’exerce de manière parfaitement non éthique en France (délais d’attente très longs, quasi-obligation de venir avec une donneuse pour bénéficier de délais acceptables). Dans un contexte de pénurie des dons, les couples français doivent recourir au don d’ovocytes à l’étranger créant une véritable inégalité d’accès aux soins. Ils se trouvent soumis aux aléas du « tourisme » ( !) procréatif, avec toutes les conséquences médicales, financières et éthiques (pour eux et les donneuses) qui en découlent. Nous demandons la mise en place d’une véritable politique nationale en faveur du don d’ovocytes.


2. Légalisation de la Gestation Pour Autrui

De même, les couples souffrant d’une infertilité utérine recourent à la GPA à l’étranger, avec les mêmes risques et les mêmes conséquences éthiques que pour le don d’ovocytes. Cependant, plusieurs pays européens ont su mettre en place une pratique éthique de la GPA, avec des résultats rassurants : l’interdiction française est injuste, inefficace et parfaitement injustifiée. Nous soutenons sans réserve l’amendement déposé par Noël Mamère, député, au projet de loi bioéthique, demandant la légalisation de la GPA.


3. Reconnaissance de la filiation des enfants nés par Gestation Pour Autrui

Un des effets pervers de l’interdiction injustifiée de la GPA est qu’elle prive des enfants de filiation et qu’elle les laisse sans protection légale. Curieusement, cette mesure justifiée au nom de l’intérêt de l’enfant n’évoque jamais ses conséquences pratiques : quid en cas de divorce ? quid en cas de décès du ou des parents ? Nous soutenons sans réserve la proposition de loi sénatoriale et l’amendement déposé par Noël Mamère, député, au projet de loi bioéthique, demandant la reconnaissance des enfants nés par GPA.


4. Accès aux origines pour les enfants nés par don de gamètes ou d’embryons

Instauré à l’origine pour « protéger » les parents et les donneurs de gamète, l’anonymat du don est aujourd’hui mis en question par certains jeunes gens issus de ces dons. Les futurs parents, mieux accompagnés, sensibilisés et rassurés par les témoignages (« Témoignages sur la conception par don », Association MAIA) évoluent en faveur de l’accès aux origines pour leurs enfants. Nous demandons l’accès à leurs origines pour les enfants nés par don de gamètes ou d’embryons. 


5. Une véritable prise en charge globale est indispensable

La souffrance engendrée par l’infertilité, souffrance parfois aggravée par une prise en charge uniquement médicale, avec peu de compassion et d’empathie, n’est toujours pas prise en compte. Le livre « Un possible enfant » (2010) témoigne avec force des effets pervers d’une approche purement technique, laissant l’humain de côté. Absence de formation et d’information des équipes médicales, absence de temps, de moyen… conduisent à l’ignorance coupable des risques psychosociaux liés à l’infertilité : dépression, anxiété, sentiment de dévalorisation, isolement social, arrêt provisoire ou définitif du travail qui touche plus particulièrement les femmes, tels sont quelques uns de nos thèmes quotidiens. 

Nous nous battons pour que l’infertilité soit prise en charge dans sa globalité, et que de véritables moyens soient donnés pour un accompagnement psychologique de qualité : chacun doit avoir l’opportunité de recevoir un accompagnement psychologique de qualité au sein du centre d’Assistance Médicale à la Procréation.


6. La loi doit être révisée régulièrement

Comme en 2004, la clause de révisabilité de la loi est menacée, bloquant par avance tout nouveau débat à partir de données nouvelles. Cette loi est déjà obsolète et contre-productive, serons-nous condamnés à un immobilisme aux conséquences éthiques désastreuses ? 


Pour l’association MAIA,


Laure Camborieux

Psychologue,

Présidente de l’Association MAIA


Contact : Laure Camborieux,

06 60 93 54 56

presidence @ maia-asso.org (retirer les espaces)



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