Pourquoi Maia
La diversité et l'ampleur des thèmes abordés par l'association MAIA : assistance médicale à la procréation (AMP) avec ou sans don de gamètes, adoption, mais aussi réflexion bioéthique ou sociale (par rapport à la parentalité par exemple) étonne parfois nos interlocuteurs.
En réalité, cela découle d'une observation très simple, simpliste même, apparue dès la naissance de MAIA : quelle que soit la cause de l'infertilité, et quelles que soient les solutions envisageables, médicales ou non, le vécu est le même, les questions sont les mêmes.
Les couples infertiles sont touchés au plus profond de leur être, devant les difficultés à réaliser ce qui paraît si simple à la plupart : fonder une famille, donner chair à leur amour. La détresse, l'angoisse peut alors devenir leur lot quotidien. N'oublions pas que l'infertilité est encore tabou : la parole leur est bien souvent impossible.
La mission première de MAIA est donc d'offrir à ces personnes infertiles un lieu de parole, d'échanges, de soutien. En lien, en relais et sous contrôles des équipes médicales, nous leur apportons les informations nécessaires, afin de les guider au mieux dans ce parcours complexe.
Nous parlons de toutes les solutions possibles, y compris bien sûr celle de l'adoption, qui doit être facilitée en France, et nous les aidons dans leur chemin vers l'enfant.
Mais leur donner la parole ne suffit pas, il faut aussi porter cette parole « au dehors », faire connaître et reconnaître cette douleur. Afin qu'un jour, ils puissent parler sans honte et sans peur du jugement. Il s'agit alors de redonner à ces hommes et ces femmes leur fierté et leur dignité. Voilà le deuxième objectif que s'est donné MAIA : témoigner pour qu'ils puissent témoigner à leur tour.
Mais la bioéthique, la parentalité… pourquoi ?
Un peu d'histoire : MAIA a été créée en septembre 2001, en réponse à l'avant-projet de révision des lois bioéthiques de 1994. Malgré la qualité du travail de la commission de révision des lois bioéthiques, certains problèmes cruciaux demeurent. Le don de gamète est toujours difficile en France, la gestation pour autrui (GPA), pratiquée ailleurs dans des conditions parfaitement éthiques n'a pas été abordée, l'épineuse question de l'anonymat du don de gamète, discutée chez nos voisins, reste entière…au nom de principes éthiques discutables et largement remis en cause aujourd'hui.
MAIA a donc bien vocation à faire entendre la voix des couples infertiles dans le débat bioéthique, afin d'apporter un autre regard, un autre éclairage sur ces questions difficiles. Afin de mettre à l'étude d'autres solutions aussi.
Enfin, par nature, les traitements AMP mais aussi et surtout l'adoption, le don de gamètes, la GPA posent les questions de la parentalité et de la filiation. Pour toutes ces raisons, et bien d'autres encore, MAIA réfléchit activement à toutes les questions liées à la parentalité et à la famille.
Et si finalement, être parent, ce n'était simplement pas accepter la responsabilité d'élever un enfant, et lui permettre de devenir un individu épanoui ?
Laure Camborieux

Tout sur Maia













